teqtar distillation de la rose et de la fleur du bigaradier

« El taqtar » distillation traditionnelle de la fleur de bigaradier et de la rose à  Constantine, mai 2017

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           Le TEQTAR est un rite en partage dans la société citadine algérienne. La distillation de la rose (ward) et de la fleur du bigaradier (zhar) est circonscrite à la médina de Constantine et de sa proche périphérie. Les jardins du Hamma, situés sur le territoire de la commune éponyme, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de la ville de Constantine, fournissent la ressource de référence du teqtar.

    Ce processus de distillation de la rose (ward) et de la fleur de bigaradier (zhar) est un rite saisonnier, printanier, qui s’inscrit dans la tradition festive, esthétique et gastronomique des femmes de la medina de Constantine

         Le Teqtar prend place dans les dispositifs identitaires constantinois au même titre que la cuisine ou les musiques. Il joue à la fois un rôle de marqueur des legs citadins de la médina de Constantine et de passerelle dans les processus d’acculturation à l’œuvre dans la société féminine de la ville. Il met en jeu, en premier lieu, les ressources naturelles, la culture des rosiers et des bigaradiers notamment et inscrit en conséquence une des relations quasi ritualisées entre la médina de Constantine et la plaine du Hamma où se situent les principaux jardins fournisseurs de ressource pour la distillation. Teqtar s’est longtemps épanoui dans l’intra muros citadin, rassemblant la société féminine dans un climat de mobilisation et de fête. La rose, la fleur du bigaradier participent aussi de la thématique florale de la poésie du zedjel, forme poétique chantée principalement à Constantine, héritée de l'Andalousie et qui se décline selon plusieurs thématiques évoquant l'univers floral, l'univers maritime, la passion amoureuse .

           L’inscription du rite citadin féminin du teqtar à Constantine sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel doit lui assurer une sauvegarde documentée et une visibilité qui peut attester de la vitalité des legs citadins dans une société algérienne soumise à un bouleversement démographique, social et urbain durables.

            Son inscription sur la liste représentative peut constituer une opportunité non seulement d’une plus grande visibilité et partant reconnaissance nationale et internationale mais aussi d’un accompagnement inédit et significatif de sa diffusion et de sa sauvegarde au delà de ses espaces d’origine.